Comment a évolué votre rapport à l'autorité?

Depuis votre enfance jusqu’à aujourd’hui ? Par rapport à vos parents / vos profs / vos boss ?

Mon rapport à l’autorité à énormément évolué, il y a des choses que j’ai vue et que je ne veux pas reproduire. Je vais donner des exemples :

  • Les profs qui criaient plus fort que toi en classe sans aucune bienveillance sous prétexte que son statut est plus légitime que toi simple élève.
  • Mes parents n’ont pas eu beaucoup d’autorité sur nous et ça aussi c’est pas top, il faut trouver le juste milieux. Un manque d’autorité ne veux pas dire que tu vas « mal finir » en quelques sortes
  • Un patron (que j’ai vite quitter) qui te dit mot pour mot que ce que tu fais c’est de la merde, où tu vois tes collègues sortir de son bureau en pleurant. Qui joue sur sa position autoritaire pour te dire qu’il est plus légitime que toi !

Ce que je souhaite maintenant en aillant un enfant c’est d’être le moins autoritaire possible par ce que ça laisse des séquelles. De faire de notre mieux pour qu’il est une éducation bienveillante et responsable. Maintenant beaucoup d’informations sont disponible sur le web pour faire autrement que jouer de sa position de parent :slight_smile:
Avec le travail j’essaye toujours de dire merci, d’être dans la bienveillance et de me remettre en question à chaque occasion :slight_smile:

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Merci Valentine pour ton témoignage ! Je suis totalement d’accord avec toi, on essaie de se baser sur de mauvais exemples pour ne pas les reproduire :slight_smile: C’est un aspect qu’on va aborder dans le live twitch la semaine pro :slight_smile: Est ce que tu as des exemples des ressources dont tu parles dispos sur le web ?

Il y a @myriambpsycho sur TikTok que j’adore :slight_smile:

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Votre question là… bah elle est pas facile.
Déjà, l’autorité je la vie de plusieurs façons, en tant que personne qui « subit l’autorité » c-a-d citoyenne et « employée » (enfin fonctionnaire de l’éducation nationale - de façon éthique et responsable - ) et je la vie aussi en tant que « détentrice » de l’autorité dans ma classe en tant que prof d’anglais au collège.

Je dirais que j’ai une relation de base de respect vis à vis de l’autorité (qui « pèse » sur moi) et d’évitement des conflits. Je vais souvent dire oui même quand je pense non et rarement enfreindre les lois même si je les trouves cons (là par exemple j’attends sagement mon tour pour me faire vacciner alors que ça fait un an que je suis enfermée chez moi, trop à risque pour aller au boulot en présentiel, mais pas assez à risque et trop jeune pour être sur les listes de priorité pour les vaccins et je regarde des collègues qui ont moins besoin du vaccin que moi y aller « au culot » comme ils disent alors que moi ça me fout la boule au ventre de me pointer comme une fleur sans être sur les listes.). Après il m’arrive de me rebeller, quand l’injustice est trop grande ou trop flagrante, oui j’ai dit non à faire des heures sup non rémunérées « pour le bien être des élèves » (mais pas tout le temps, au début de ma carrière, ils m’ont eu à la culpabilité), oui, je suis allée manifester contre la loi travail, contre la réforme des retraites qui va forcer mon petit postérieur handicapé léger à enseigner jusqu’à 67 ans et oui j’ai pris la parole en conseil de classe pour prendre la défense des élèves qu’on tacle de « mauvais » alors qu’ils sont justes pas adapté à l’enseignement qu’on leur propose, ou plutôt que l’enseignement qu’on leur propose n’est pas adapté à eux.
Après j’avoue que j’ai peu eu à faire à des hiérarchie bienveillantes donc j’ai pas vraiment eu l’occasion de voir l’autorité comme un soutient ou un allié, le plus souvent je la vois comme un supérieur arbitraire dont l’intérêt n’est pas le même que le mien et qui a pour but de me faire faire ce qui l’arrange sans trop se préoccuper des répercutions que cela peu avoir sur moi, peut-être que c’est parce que j’ai jamais vraiment quitté l’école, mais c’est vrai que ça reste une vision un peu « ado » du truc, du coup je sais pas trop si on peut dire que mon rapport à l’autorité a « évolué »

En tant que détentrice de l’autorité bien sûr j’ai TOUJOURS à 100% l’intention d’être une prof bienveillante, qui met les bonnes limites au bon endroit tout ça dans l’intérêt des élèves. Car bien sûr, moi aussi j’ai souvenir d’accès d’autorité injustes de mes profs qui m’avait choquée quand j’étais élève, ou de ces prof chez qui c’était la foire tout le temps. Souvent ça va bien, c’est un peu agité mais j’arrive dans l’ensemble à créer une ambiance détendue et propice aux apprentissages notamment grâce à mon arme secrète : l’humour de merde…
Mais parfois, j’échoue :

  • Faire la police ça m’emmerde, j’ai horreur de ça, alors parfois je suis trop cool ou parfois j’avoue, j’ai la flemme de mettre des punitions après lesquelles il faudra courir pendant des semaines ou je n’appelle pas les parents tout de suite parce que j’ai pas la foi d’expliquer que « oui je sais votre fils a son petit caractère mais moi j’en ai 28 d’un coup donc je peux pas faire avec le petit caractère de chacun ».
  • Parfois je perds patience et je crie plus fort que les élèves, pas par méchanceté, le plus souvent c’est par détresse, car je suis au bout, j’ai plus rien d’autre… ces heures de cours sont toujours vécues comme des échecs.
  • Parfois j’oublie que ce sont des ados et je vais trop loin dans la blague et je blesse sans vouloir un élève, en général c’est pas bien grave, je m’excuse et on passe à autre chose, mais j’ai toujours un peu la hantise d’être cette prof dont tu te rappelles toute ta vie parce qu’un jour elle t’a vexé.
  • Parfois je craque complètement et j’envoie péter un gamin… fort… Quand certains se permettent des commentaires désobligeant sur les camarades ou qu’ils me chient un peu trop fort dans les bottes, je peux être vraiment cash (beaucoup trop ?) J’ai souvenir d’un élève qui avait dit en classe « Les lesbiennes franchement ça va, c’est super sexy deux meufs qui s’embrassent, mais si je vois deux gars qui s’embrassent, je les frappe, c’est trop dégueu » et moi de lui répondre sans que ça passe par la case cerveau « Mais tu sais, le monde qui t’entoure n’est pas là uniquement pour te faire bander, personne te demande ton avis »…. Et après, on fait quoi ? On se remet en question, on s’interroge, on teste de nouvelles méthodes et on échoue à nouveau ?
    Je sais pas trop si j’ai répondu à votre questions, si c’était bien ça le sujet ou si j’ai pas fait un peu trop long (déso).
    Mais comme pour mon autorité, les intentions étaient 100% les meilleures en commençant en tout cas.
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Mon rapport à l’autorité… il commence avec mon père. Il n’est pas violent mais il est assez strict et exigent dans l’éducation. C’est lui qui commande, qui a raison et nous on obéit, ne surtout ne pas se rebeller, ne surtout pas l’énerver. Ajoute à ça mon caractère plutôt timide… ça donne une fille pas très bien dans sa peau, qui obéit, n’enfreint pas les règles, pense que son père a toujours raison, qui parle peu et qui peine à s’exprimer en public. A l’école, je suis la fille qu’on ne voit pas, qu’on n’entend pas.
Ado je fais pas mal de baby-sitting, mais je ne suis pas la pro de l’autorité, j’ai du mal à donner des ordres ou me faire respecter… heureusement je suis tombée sur des enfants sympa dans l’ensemble donc j’ai pas eu trop de soucis.
En devenant adulte je prends un peu confiance, dans mon boulot je respecte l’autorité de mes supérieurs et ce n’est que maintenant (à bientôt 37ans) que je commence à montrer que je ne suis pas d’accord et à l’exprimer (même si j’ai toujours un peu de mal à le faire clairement ou comme il faut) En ce moment j’ai beaucoup de mal avec ma nouvelle cadre qui ne connais rien à notre travail, du coup, comme je suis une des plus anciennes, je vais souvent lui dire qu’elle fait des erreurs… je ne suis pas sûre que j’aurais osé le faire il y a quelques années.
Et aujourd’hui, je réponds à mon père et j’ai compris que non, il n’avait pas toujours raison. Il exerce quand même un pouvoir sur moi et me rend parfois hyper anxieuse mais j’apprends de plus en plus à ne plus me laisser avoir, je prends du recul pendant quelques temps, en attendant que ça passe.
Et j’arrive à être un peu autoritaire avec mes neveux, je ne suis pas, et ne veux pas être un tiran, je hausse juste le ton quand il y a besoin et je suis contente de voir que ça marche :grin:
Donc voilà mon rapport à l’autorité a évolué, je ne supporte pas quand c’est injuste et qu’il n’y a pas de dialogue possible, je ne sais pas vraiment être autoritaire mais je n’en ai pas vraiment besoin dans ma vie sauf occasionnellement et ça me convient !

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Mon rapport à l’autorité a toujours été très ambivalent. Et en réfléchissant à l’écriture de ce post, c’est depuis que je suis petite.

On trempe dans l’autorité toute notre vie. Ça commence avec l’autorité parentale. J’avais zéro respect pour mon père, j’étais insupp, je le bolossais, je n’écoutais rien de ce qu’il pouvait me dire. Par contre avec ma mère, c’était une autre paire de manche. Je la respectais tout en la craignant, je testais beaucoup les limites. C’était quelqu’un de strict avec beaucoup d’attentes pour mes sœurs et moi. Surtout moi, car mes sœurs étaient déjà parties de la maison ou en instance de le faire. Elle a toujours porté le foyer à bout de bras, c’était la figure d’autorité par la nature de son caractère. Elle a toujours eu du tempérament et n’a jamais eu peur de tenir tête à qui que ce soit. Surtout pas ses beaux-parents. Mais bref, ça n’allait pas être une gamine qui allait l’intimidité. Oui mais j’avais un caractère beaucoup plus affirmé que celui de mes sœurs, qui aime challenger les adultes. Ça ne pouvait que faire des étincelles (et Dieu sait que ça en a fait). J’ai toujours eu du mal avec les ordres à respecter aveuglément et si après explication, je trouvais la situation injuste ou qu’on me surprotégeait pour rien, je n’en faisais qu’à ma tête. (Je crois que l’expression qui revenait le plus pour me caractériser était tête de mule). J’étais entourée d’adultes et j’avais souvent du mal à comprendre pourquoi on me traitait différent des autres membres de ma famille. Ces résolutions de conflits étaient inhabituels pour ma mère, qui n’avait pas eu autant de défiance envers son autorité avec mes deux sœurs, et dont la patience était quasi inexistante. En rajoutant par-dessus une situation familiale plus chaotique, je me suis ramassée quelques baffes pour clore des disputes afin qu’elle ait le dernier mot. A l’époque, ça ne faisait qu’alimenter mon incompréhension et mon rejet de l’autorité toute puissante et intransigeante. Avec le recul, je comprends sa détresse et le fait qu’elle était dépassée par les événements. C’était son arme de dernier recours. Elle n’en parlait pas, ne montrait rien. Quand c’était trop intense, elle claquait la porte et allait marcher, puis à son retour, on mettait tout sous le tapis (chose que je reproduis beaucoup moi-même).

Une grande dualité dans mes rapports d’autorité avec mes parents qui était entretenue aussi par mon éducation globale. Ma mère m’a beaucoup répétée de ne pas faire trop de vague en frontal mais de niquer le système sournoisement. Alors que beaucoup d’histoires de repas de familles relataient des anecdotes de tantes casse-cou et qui tenaient tête à la police, d’arrière-grand-père anarchiste, de grand-père pas commode…. Ça a forgé en moi une grande admiration pour la discipline, le suivi des règles et le rigorisme (certainement parce que j’en suis incapable) et une aversion pour l’ordre, l’autorité, le pouvoir. Ça m’a aussi poussé à m’élever face à ceux qui abusaient de la force (j’ai embrouillé un mec dans la rue qui faisait chier sa copine sans une once d’hésitation).

L’autre grande source d’autorité qui nous marque, c’est l’école. J’ai eu la chance de toujours être épanouie à l’école. J’aimais ça. Donc de base ça se passait bien avec mes instits et mes profs (à quelques exceptions près qui tenaient plutôt de l’humain que de son rôle). J’étais bonne élève mais on ne m’a jamais bolossé là-dessus. J’en ai un jour discuté avec une pote qui était aussi dans la tête de classe et qui ne l’a pas vécu de la même façon. J’étais un peu étonnée et sa conclusion était : « C’est normal, tu as un fort caractère donc de base personne ne te cherche des noises… et puis tu gagnais le respect des bullies quand tu tenais tête aux profs ». Cette conversation m’a ouvert les yeux sur 1) que l’autorité, ce n’était toujours pas mon fort (et je ne m’en étais pas forcément rendue compte d’avoir été si impertinente), 2) de l’importance de se positionner face à l’autorité dans le milieu scolaire. C’est certainement un point crucial dans le développement adolescent si certains sont calés sur ces sujets et peuvent approfondir, ça pourrait être intéressant.

Concernant le pro, j’ai peu d’expérience, je laisse le soin à d’autres de développer, peut-être que des exemples parlant me reviendront par la suite en rebondissant à d’autres commentaires.

Enfin, je pense que quand on parle « autorité », surtout ces derniers temps avec le contexte si particulier, on pense au pouvoir politique et à son bras armé la police. Je viens d’une famille où on parlait beaucoup politique et on regardait beaucoup les infos et on en débattait. Les exemples cités précédemment ont évidemment forgé mon rapport à ces questions dans le domaine politique. Et là encore beaucoup d’ambivalence face à l’autorité. J’ai pas mal réfléchi à ce sujet avec toutes les remises en cause du système policier et carcéral que les mouvements « Black Lives matter » ont soulevé à juste titre. [Je ne suis pas racisée, donc clairement certaines pièces du puzzle me manquent, mais en tant que citoyenne, je ne peux m’empêcher d’y songer].

D’instinct et de par mon éducation, je suis très méfiante envers les dépositaires de l’autorité et du pouvoir. Mais pourtant, je pense que la police est obligatoire et nécessaire pour réguler une société, et qu’elle doit être sévère et implacable. Je suis farouchement convaincue que l’homme est foncièrement mauvais, son fonctionnement par défaut est de tirer profit du malheur de l’autre car c’est facile. Ça demande du travail sur soi et de la volonté pour réfréner ce comportement et tendre vers la gentillesse, l’entraide. Donc sans règle et sans loi, c’est la débandade. Sans incarnation d’une punition, c’est la loi du talion et la loi du plus fort. La peur est ce qui permet de maintenir un semblant de civilité dans nos sociétés. Cela fait partie des règles tacites de la vie collective. Je ne peux que saluer le rôle indispensable de la police et l’importance de leur statut dans notre fourmilière humaine. Cependant, une autre règle de ce contrat sociale est qu’en tant que citoyen et membre actif de la communauté, on se doit d’être vigilant, on se doit de toujours avoir en tête : à qui donne-t-on le pouvoir, à qui donne-t-on l’usage de l’autorité et de la force, dans quels cadres ? Des questions complexes qui structurent l’entièreté de nos rapports sociaux et du fonctionnement de notre nation. Des réponses multiples selon vos convictions et vos priorités. Mais, selon moi peu importe, pendant que vous vous les posiez. L’inaction et la passivité sont les pires gangrènes d’une civilisation. Et de ce fait, même si je suis méfiante et défiante face à l’autorité, je ne peux m’empêcher de me retrouver dans des situations de pouvoirs et de décisions. Parce quand on aime faire bouger les choses et participer à la vie de la Cité, on se retrouve dans ces positions (du simple délégué de classe qui défend ses camarades, à une implication associative, politique, managériale, à monter son business, à défendre des causes qui nous sont chères…). Parce que c’est en incarnant l’autorité qu’on a un impact et qu’on fait bouger les choses…. Ou pas……

En somme, beaucoup d’ambivalence pour ma part sur le sujet, beaucoup de réflexion passée et à venir. C’est un sujet qui ne laisse pas indifférent. Selon les périodes et mon envie/besoin d’implication sociale, j’oscille entre me recroqueviller sur moi-même en dehors de la société (et donc plus besoin d’autorité) et avoir un grand impact (et incarner cette autorité).

Bref, j’ai encore beaucoup parlé. :roll_eyes: Voilà un peu mes pensées du soir sur le sujet. J’espère avoir apporté de l’eau aux réflexions de certains, que c’était clair et pertinent. Sinon tant pis :grin:

Hâte de voir le live sur le sujet dans tous les cas et de débattre ci-dessous.

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Je ne me suis jamais vraiment posé la question de mon rapport à l’autorité. Je pense que, de base, j’ai une sorte de respect ? d’intériorisation ? de l’autorité. Il y a des gens qui dirigent dans certains systèmes et donc des gens qui sont dirigés. Les gens qui dirigent possèdent l’autorité et à partir du moment où je rentre dans un système, j’accepte l’autorité de ceux qui le dirigent.

Je ne sais pas vraiment comment mon rapport à l’autorité a évolué vu que je n’ai pas vraiment de recul par rapport à ça, ne m’y étant jamais confrontée. Cependant, la question me fait penser à une chose en lien avec mon métier :
La langue des signes est une langue en 3D. Les signes (mots) se placent devant mon buste selon les trois axes géométriques x (profondeur), y (largeur) et z (hauteur). (je vous assure que ça a un lien avec l’autorité ^^). En fonction du placement du signe, sa signification, ou plutôt son rôle dans la phrase, dans l’énonciation va être différent. Les axes y et x sont beaucoup utilisés pour exprimer le temps : passé, présent et futur s’expriment (généralement) d’arrière en avant ou de gauche à droite.
A l’axe z est justement associé une notion d’autorité.

Imaginons qu’il y a trois niveaux : z=0, z=1 et z=2. Dans mon processus de traduction, mais aussi dans mon expression personnelle en LSF, je vais placer l’enfant sur z=0, devant moi, là où je n’aurais pas besoin de lever les bras.
Si je place l’école, elle sera également sur l’axe z=0 mais décalé sur l’axe y, un peu à droite alors que si je place l’éducation nationale, je vais la placer au-dessus de l’école sur z=1, instaurant indirectement par ce placement, une notion d’autorité de l’EN sur l’école et sur l’enfant. Schéma plutôt classique pour le moment. (et encore que, je pourrais me demander pourquoi j’ai placé l’enfant et l’école sur le même z=0, peut-être parce que j’ai toujours aimé l’école, que j’ai toujours eu des bons rapports avec mes enseignants et que je ne les voyais pas comme « l’autorité » mais comme … comme quoi d’ailleurs ? j’avoue… j’en sais rien haha…; décidemment, ce topique me perturbe !)

Quand je parle des médecins en lien avec un enfant, le médecin sera également sur z=1, donc « supérieur » à l’enfant, il a une autorité sur lui. Alors que, avec un adulte, le médecin et l’adulte sont sur Z=0 tous les deux, comme si le discours d’un médecin avait moins autorité sur un adulte que sur un enfant.

L’état (le gouvernement français) ou tout autre organisme comme l’UE, les ONG, l’ONU… sont en Z=2. Il n’y a pas plus haut pour moi en LSF : les autorités suprêmes. Je ne me suis jamais posée la question de « où les mettre ? » c’était logique pour moi : tout en haut.

Et vient enfin la place des parents, réel point qui m’a fait dire « Allez, écris ce post même si tu es un peu Hors-Sujet ».
Dans ma modalité en 3D, l’enfant et le(s) parent(s) sont toujours sur le même axe (sauf cas exceptionnels). Ce me fait donc me poser la question de mon rapport à l’autorité parentale : le(s) parent(s) n’écrase(nt) pas l’enfant, ne le domine(nt) pas, ne le dirige(nt) pas (notons qu’en LSF le « dirigeant », le « chef d’état », « la capitale » se signe sur l’axe z=2 avec une main qui vient se positionner sur l’autre, je me redresse et je penche légèrement la tête vers l’avant, comme si je regardais vers le bas… intéressant non ? :smiley: mais je m’égare). J’aurais très bien pu placer les parents sur l’axe z=1 sauf que non : l’enfant et ses parents ont un rapport d’égalité, et je me dis que ça vient surement de mon éducation.
Mes parents nous ont toujours poussé vers le haut, écouté, laissé vivre ce que nous voulions (ou presque). Ils n’ont pas choisi mes études pour moi, ils n’ont pas choisi mon métier, ils n’ont pas choisi le sport que j’allais faire ou l’instrument de musique que j’allais jouer. Ils m’ont laissé essayer, changer d’avis, revenir en arrière… Je n’ai pas de souvenir de « crises d’autorité » de leur part. Il y avait des règles chez nous, oui, comme dans tout système, mais est-ce que c’était synonyme d’autorité ? Surement. Plus j’écris et plus je me perds haha et je me rends compte qu’en fait, dans le cadre de la famille, je ne sais pas vraiment ce qu’est l’autorité, je ne saurais pas la définir.

Bon… j’ai relu plusieurs fois ma réponse et j’ai hésité à la poster tellement elle me paraît bordélique ! Je vais essayer une conclusion tout de même :
Je ne sais pas comment à évolué mon rapport à l’autorité mais je me rends compte, aujourd’hui grâce à ce topic de deux choses 1) en réalité, je ne sais pas vraiment ce que je mets derrière ce mot « autorité », 2) mon expression de ma LSF est clairement révélatrice d’une « autorité » inconscience.
J’aimerais me rappeler comment je signais il y a sept ans, si les parents et l’enfant étaient aux mêmes placements, ou si le fait de grandir m’a fait déplacé les parents de l’axe z=1 à z=0.

Désolée pour le pavé ! Je parle décidemment trop quand ça touche à la LSF ^^’

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Du plus loin que je me souvienne, j’ai toujours eu beaucoup de mal à accepter l’autorité de quiconque (personne, instititution, etc), sur moi comme sur autrui.

Je distingue deux formes d’autorité :

  • Celle qui se résume surtout à un pouvoir de commandement, d’obliger autrui à quelque-chose.
  • Celle qui découle d’une influence, du crédit, de la confiance que je porte à quelqu’un.

Pour la première, j’ai une méfiance instinctive à la suivre, car elle ne dépend pas de moi et comme elle est liée à un rapport de pouvoir, il n’est pas du tout certain que ce dernier soit exercé en ma faveur, le pouvoir servant en général en premier ceux qui le portent et non ceux qui le subissent (même avec l’argument « c’est pour ton bien »).

La seconde forme est celle que j’ai tendance à accepter naturellement, car je la choisis. Je choisis de faire confiance (à une personne,institution,entreprise, etc) sur un sujet donné en raison du crédit que je lui accorde, par son fonctionnement, son expérience, sa capacité à expliquer son choix et en justifier la cohérence et pertinence, bref si j’estime que c’est bienfondé.

J’accepte plus facilement l’autorité si j’ai le pouvoir de la refuser et si ce refus n’entrave pas pour autant ma liberté. Sinon je vais rechercher à comprendre ce que sert l’autorité qu’on m’impose et si elle me paraît légitime. Si elle l’est j’aurais tendance à la suivre. Si elle ne l’est pas, je deviens comme un chat qui se met en étoile au dessus de la baignoire pour éviter l’eau.

Je crois que j’ai toujours fonctionné ainsi, même si ce n’était pas conscient au départ.

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@Valentine @GwenGranola @Emco @Grizzli.Grincheux @Pistache451 merci pour vos contributions ! Est ce que vous êtes d’accord pour que je lise des passages de vos contributions et que je donne vos pseudos ce soir ? :slight_smile:

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Aucun problème @_luseal avec plaisir :slight_smile:

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Oui, oui tu peux :wink:

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aucun problème pour moi non plus

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Oui c’est ok.

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C’est une question délicate, et j’avoue que je ne me l’étais pas tellement posée, alors même que j’ai une certaine propension à remettre constamment en question beaucoup de choses que je fais ou que je dis.

Je pense que mon rapport à l’autorité n’est conflictuel que depuis quelques années, à cause de bouleversements personnels qui ont changé ma façon de me considérer moi-même.

Enfant, j’étais d’une timidité maladive, introvertie, et réservée dans beaucoup de mes choix. Parce que j’ai grandi avec l’idée que je devais faire attention aux autres et faire ce que l’on me demandait, j’ai rarement désobéi aux adultes. J’ai rarement désobéi tout court.

Quand j’étais enfant, je pense que je faisais une distinction plus ou moins consciente de ce qu’était l’autorité lorsqu’elle venait des adultes, lorsqu’elle venait des autres enfants, de celle qu’il y avait à la maison et enfin de celle qu’il y avait à l’école. Je n’avais pas le même rapport à l’autorité en fonction de l’environnement dans lequel je me trouvais.

Je me souviens que lorsque j’étais plus jeune, j’étais terrifiée par les adultes ; j’avais constamment peur de me faire disputer par quelqu’un d’autre que mes parents au moindre écart de ma part. Me faire disputer (surtout par des gens que je ne connaissais pas ou très peu) me faisait pleurer, et parce que je me souviens avoir entendu des phrases comme « Ça sert à rien de chouiner », je ne voulais impérativement pas pleurer. Je sais que je trouvais les adultes cruels, et parfois un peu stupides, parce que dans mes souvenirs, certains criaient, sans même chercher à comprendre.

Ils me terrifiaient et je voulais faire au mieux pour ne pas me faire remarquer ; et souvent, il suffisait de rester dans les cases pour les éviter.

Avec les autres enfants, c’était plus compliqué.

Mes parents ont beaucoup déménagés quand j’étais petite, j’ai changé trois fois d’école primaire et comme c’était difficile de se faire des amis dans des classes où les élèves se connaissaient depuis la maternelle, j’étais prête à tout pour éviter l’exclusion. Avec le recul que j’ai maintenant, je me rends compte que je me suis mise beaucoup de côté pour éviter la solitude. De fait, j’ai été sous l’emprise d’enfants autoritaires et dirigistes qui m’ont forcée à être comme ci, et à faire comme ça, pendant de longues années (ça a dû durer plus ou moins jusqu’au lycée). Les enfants et ado que j’ai côtoyés durant ces années-là n’étaient pas les mêmes, mais j’ai toujours eu des restrictions et des interdits de leur part. Je n’avais pas le droit d’avoir d’autres amis, d’écouter la musique qui me plaisait, de ne pas lire les mêmes livres, parce qu’on attendait de moi que je m’intéresse à tout ce qui plaisait et intéressait ces « amis ». Au final, j’ai consenti bien plus qu’à leur simple autorité, parce que je me suis complètement laissée dominer par eux.

L’autorité des adultes me terrifiait parce qu’elle avait le pouvoir de me rendre malheureuse. L’autorité des enfants me terrifiait, parce qu’elle avait le pouvoir de m’isoler et de m’écraser.

J’ai toujours eu peur de décevoir les autres, quel qu’ils soient alors finalement, j’ai toujours subit l’autorité de chacun parce que je croyais que c’était ce qu’il fallait que je fasse, et que c’était ce qu’on attendait de moi. Je croyais que c’était mon rôle.

Les autorités de l’extérieur n’avaient rien à voir avec celle qu’il y avait à la maison. Mes parents n’ont jamais été restrictifs plus que de raison, et j’ai la chance d’avoir des proches qui prennent le temps de communiquer. Cela dit, de l’enfance à l’adolescence, l’autorité parentale me paraissait évidente, et je ne l’ai jamais remise en question. Peut-être et sûrement parce que c’était l’un des seuls environnements où personne ne cherchait pas à dominer qui que ce soit.

J’ai une sœur aînée qui avait, quand nous étions plus jeunes, une ascendance certaine sur moi et mon frère. Même si cette autorité a diminué et aujourd’hui, a complètement disparu, il n’en demeure pas moins que nous n’avions pas le droit de faire certaines choses. Ma sœur était mauvaise joueuse enfant ; et nous n’avions pas le droit de gagner si elle jouait avec nous à un jeu de société. C’était la règle avec elle, et parce que nous avions grandi comme ça, que ça nous semblait aussi normal que naturel, on ne s’était jamais plaint de cette injustice.

À l’école, je faisais toujours au mieux les travaux que les enseignants demandaient de rendre pour qu’ils en soient satisfaits. J’avais compris que les bonnes notes et les bons devoirs permettaient d’obtenir de la reconnaissance, que ce soit celle de mes parents ou des professeurs, et c’est quelque chose dont j’avais cruellement besoin. Et cette reconnaissance passait aussi par le comportement, alors je m’appliquais à ne jamais faire de vagues.
J’avais peur des conséquences si je sortais du rang, alors même que certains écarts ne sont pas forcément répréhensibles. Je voulais éviter au maximum le moindre conflit.

Je me suis rendue compte avec le temps que j’avais toujours perçu des formes d’autorité absolument partout (alors que c’est bien plus nuancé que cela), et que celles que j’ai expérimenté n’avaient fait que me cloisonner dans des cases auxquelles je me suis tenue ; par respect de normes et de conventions, j’imagine. Pourtant, je ne suis pas certaine que qui que ce soit puisse s’épanouir pleinement en restant si cantonnée à ces cases qu’on nous ordonne de tenir. Je ne suis pas certaine que qui que ce soit puisse trouver de quelconques possibilités d’avancement, que ce soit sur le plan personnel, professionnel ou relationnel.

Je pense que l’autorité est nécessaire, dans la mesure où elle permet de poser des jalons au sein de la société, qu’elle donne justement un cadre dans lequel on peut commencer à évoluer. Mais toute médaille a un revers, et en ce qui me concerne, je ne veux plus d’une autorité qui prend les formes de la domination, maltraite mon individualité, ma considération de moi-même et cherche à écraser mon estime de soi.

Je sais qu’aujourd’hui, et même si ce n’est pas tout le temps facile de faire le distinguo entre autorité et domination, je veux pouvoir la choisir et non la subir.

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Whaou quelles lectures passionnantes de vos réponses à cette question si complexe !

Pour moi il y a tellement d’autorités différentes ! ça peut très bien être une emprise, une contrainte comme ça peut être une autorité charismatique ou décisionnaire. Les deux (voir plus) n’auront pas du tout le même impact.

L’autorité c’était en premier lieu mes parents et en particulier ma mère. Une personne très nerveuse, j’ai reçu des baffes etc. J’ai commencé à lui pardonner toute cette autorité abusive depuis que je suis devenue mère à mon tour. Même si je pense que j’aurai un peu de travail avec une psychologue pour vraiment me réconcilier avec « mon enfant intérieur », et mon enfance tout simplement.

L’autorité comme beaucoup, ça a été ensuite les enseignants et surtout une sorte d’autorité institutionnelle avec des règles à respecter de l’Education Nationale que les profs mettaient plus ou moins en place.

Je n’utiliserai pas le terme « autorité » avec les différents managers ou responsables que j’ai pu avoir. Ou alors c’était plutôt une autorité naturelle, charismatique… qui n’était ni imposée ni « lourde » de mon point de vue. A part mon dernier travail où j’avais beaucoup d’autonomie tout en sachant que le peu de feedbacks que j’avais de ma responsable, je « devais » écouter ou faire les quelques tâches qu’elle me demandait et où la discussion était inexistante.

J’aurai du mal à définir l’autorité que je peux avoir avec ma fille. Je n’ai jamais utilisé ce mot ni pensé ce mot dans notre relation en fait.

Pour l’autorité du gouvernement, de la police… surtout en ce moment, il y aurait de longs débats possibles :blush: mais je n’ai pas le temps de m’étaler. Clairement je suis ambivalente sur les restrictions de libertés/le travail difficile des professionnels de santé pendant la crise.

Je me permets de te citer Grizzli.Grincheux « Je suis farouchement convaincue que l’homme est foncièrement mauvais, son fonctionnement par défaut est de tirer profit du malheur de l’autre car c’est facile. Ça demande du travail sur soi et de la volonté pour réfréner ce comportement et tendre vers la gentillesse, l’entraide. »
Je ne suis pas d’accord avec cette vision de l’Homme. Pour moi c’est l’inverse, le bébé, l’enfant est naturellement en empathie avec les autres (des recherches en psychologie le prouve) et c’est la société, la culture… qui font qu’on devient plus individualiste. D’ailleurs ce côté très individuel plutôt que collectif est plutôt occidental mais c’est un autre débat. Vivre ensemble reste un « challenge » qui n’est pas toujours évident.

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