Faut-il parler quand on n'a rien à dire?

Salut les Faboloss/ Fab de la fontaine.
J’espère que tout roule pour vous, je me suis dit que ça faisais un sacré bail que je n’avais écrit sur le forum, alors je pose ça là : faut-il parler quand on n’a rien à dire et d’une façon générale, faut-il parler lorsque l’on sait qu’on ne sera pas compris ou même pire, lorsque l’on ne sera pas écouté ?
Je pense que ça vous est déjà arrivé d’être tellement fatigué de parler d’argumenter, que vous avez préféré vous taire. Mais si, rappelez vous, ce dîner chez votre belle famille où votre beau-frère disait « franchement…les [insérer minorité religieuse/sexuelle/ethnique] on les connaît », ou encore cette pote ultra bornée sur son idée parce que « vraiment tu te rends pas compte que [insérer titre de film] c’est juste LE MEILLEUR film DU MONDE qui n’ait JAMAIS été crée ».
Des fois j’ai l’impression de saturer dans les débats, qu’on est tous plongés dans cette sorte de mauvaise foi qui nous laisse là, à rester campés sur nos opinions. J’ai peur de parler quand je ne connais pas un sujet, mais je ne connaitrais jamais tout d’un sujet, et si j’attend de m’y connaître pour en parler, alors plus le droit de parler musique, religion, jeux, films, profs, etc… Car il n’y a rien que je ne connaisse parfaitement (ta kpté les bails, je sais que je sais rien, l’antiquité toussa toussa). Mais je ne veux pas non plus tomber dans ce que les scientifiques appellent « l’ultracrépidarianisme » c’est à dire parler de ce que l’on ne sait pas. Donc dans notre formidable société, où on m’empresse de m’exprimer quant à mille sujets, pourquoi donnerais-je mon avis ? Des fois, je n’ai rien à dire, pourquoi j’aurais un avis sur le nucléaire ? J’ai déjà du mal à me rappeler de ce qu’il y a dans un atome alors parler fission d’uranium franchement non hein. Des fois aussi, on me demande mon avis sur des sujets que je pense connaître, un minimum, certes, mais pas assez pour que je m’y sente parfaitement à l’aise, tenez, le féminisme par exemple. Je veux bien en parler, je connais le minimum, j’essaie de m’éduquer à ça, mais AHAHAHA JE SUIS PAS UNE FEMME EN FAIT, je sais pas je me dis c’est comme si un mathématicien venait nous parler du système politique au proche-orient au XIIIème siècle. Ok, ça c’était sur le fait de ne pas vouloir parler quand on ne sait pas. Mais des fois, je n’ai juste rien à dire, typiquement, des fois dans la vraie vie, des gens me sortent des anecdotes, ou des infos insolites. Super. J’aime beaucoup, c’est marrant de savoir que normalement la Seine devrait s’appeler l’Yonne parce que le débit de l’Yonne est plus important que celui de la Seine, mais que veux-tu que je te dise ? « Ah ouais c’est marrant » comme Orelsan ? Okay alors, pas de soucis, vraiment. Mais le problème c’est que ça m’arrive (à vous aussi je pense) et en fait, je n’ai juste rien à dire. C’est une info, super, je ne peux pas avoir d’analyse dessus, je ne peux pas la juger, je ne peux pas y réagir. Alors, je fais quoi ? Rien vous me direz, et vous auriez raison, mais malheureusement, c’est pas super bien vu de laisser un blanc après une tentative de contact, je comprends sincèrement, et je sais bien toutes les contraintes sociales qu’il y a derrière. J’ai pris cet exemple qui peut faire sourire, ce n’est pas bien méchant, mais quand quelqu’un te parle d’un truc hyper perso et hyper traumatisant, à part comprendre et être bienveillant, ben je ne sais rien faire, je n’ai rien à dire, et dans ce cas, c’est tout de suite plus délicat.
Enfin des fois je n’ai plus envie de parler, plus envie de débattre. Dans les discussions animées, les débats, souvent, on se retrouve dans une situation qui, pour moi, ne fait pas sens. Deux points de vue divergents, deux personnes convaincues, qui cherchent à convaincre. ET BAM ça fait la situation la plus stérile au monde. Et dans certains cas, j’abdique, par flemme, par dégoût, plus l’envie de me battre contre quelqu’un qui n’écoute pas, et qui réagit seulement sur la forme de mon propos, ou sur un mini détail alors que je viens de faire un monologue sur le fond de mon propos. Flemme aussi de débattre sur des points de vues… c’est vrai ! Quoi de plus personnel qu’une opinion ? Chacun est libre de croire en ce qu’il veut, chacun ses valeurs, tant que ça respecte autrui, donc pourquoi débattre de ça ? Pour moi, c’est comme se demander si la lettre « U » est meilleure que la lettre « O », ça n’a AUCUN sens. Donc là, on aurait tendance à se dire : très bien, ne débattons plus ! Chacun croit en ce qu’il veut. Mais ne serait-ce pas dangereux de tout laisser couler ? On se retrouverait à ne parler sérieusement qu’avec des gens de nos avis, ce serait dramatique, pour nous et notre société.
Je pourrais encore écrire longtemps, mais je crois que j’ai déjà beaucoup écrit.
Alors vous, qu’en pensez vous ?
Un bisou

2 Likes

Wow Edgar ! J’aurais pu écrire le même texte, mot pour mot, tellement je comprends ce que tu veux dire. Enfin, sauf pour la partie « je ne suis pas une femme », mais dans l’ensemble, je te rejoins vraiment.
Le problème, je pense, c’est qu’il n’y a très peu de vrai débat en fait. Le plus souvent, il y a juste, comme tu le dis, deux personnes avec deux visions totalement opposées qui essaient de se convaincre l’une et l’autre, et ça ne mène à rien. Un vrai débat, ce serait juste deux personnes qui s’écoutent, pour de vrai, et qui essaient de comprendre le point de vue de l’autre, sans chercher à se convaincre mutuellement. Et ce genre de débat, c’est extrêmement rare, mais quand ça arrive, ohlala c’est tellement enrichissant.
Alors, oui, je comprends la flemme de débattre quand en face, t’as une personne bornée. Autant être face à un mur, ça aura le même effet.

Bref, tout ça pour dire que je te comprends, et qu’il faut parfois lutter pour ne pas rester qu’avec des gens qui sont d’accord avec nous. Ça fait du bien, mais c’est enrichissant de s’entourer de personnes aux opinions différentes (jusqu’à un certain point, évidemment).

2 Likes

Hello Edgar,

Un bon sujet en effet, pour ma part, si j’ai rien a dire je ne repond pas. Tanpis, je dois passer pour une personne froide, ou qui s’en fou (ce qui est parfois le cas :blush:), et comme de base je suis quelqu’un de réservée, ca ne doit pas trop choquer ? Je ne sais pas. En plus je déteste/j’ai peur du conflit, du coup je me tais vite. (Y’a surement un truc a travailler chez moi de ce coté là…)
Après tout dépend des personnes, avec qui tu parles.
Y’en a pas la peine de se fatiguer, elles n’écoutent pas, ont leur avis définitif ca ne changera pas.
Pour d’autres, même si le débat n’est pas très ouvert, on peut toujours planter des graines, s’en s’enfoncer dans un débat houleux. Ca peut les faire réfléchir plus tard (souvent des personnes qu’on aime bien mais dont on a pas le même avis)
Et des personnes avec qui on peut se sentir libre de s’exprimer et avec qui on peut nourrir les idées de l’autre, des siennes, et ça c’est le top.
Sinon j’ai le même problème, si je ne connais pas un sujet dans son intégralité pourquoi j’en parlerai ?
Ba y’aurai peu de personnes qui parlerai dans ce cas. Et rien n’empêche de dire qu’on ne sait pas ! De dire je pense ça mais je peux me tromper,
je suis pas le meilleur placé pour ce sujet mais j’ai quand même un avis.
Pour moi cela ne veut pas dire laisser couler, ni signe de se retrouver qu’avec des personnes du même avis, ca en effet ca peut être « dangereux » (comme les algorithme qui ne propose que des articles et publicités de ce qu’on a cherché sur internet, je trouve ça nul :confused:, bref)
Y’a plein de personnes dans mon entourage avec qui je n’ai pas le même avis, mais plutôt des valeurs en commun.
Et laisser couler, ca n’empeche pas de garder l’esprit ouvert pour rencontrer d’autres personnes.
Et parfois on est en forme pour débattre et d’autres fois, fatigué pour les débats stériles, je vais plutôt aller jouer avec le chien ou me reservir un verre, dans ce cas.

3 Likes