Quand c'est papa qui a la garde majoritaire

Coucou les Faboloss de La Fontaine. Je suis un peu flippée de poster ça, mais je me lance.

J’ai besoin de témoignages, retours d’expériences, car je suis perdue et j’ai peur. Est-ce que certain.e.s parmis vous ont la garde de leurs enfants ou ont eu la garde en minoritaire chez maman (type mercredi, un weekend sur deux et la moitié des vacances) ?

Mes enfants on 2 et 4 ans, je remonte d’un burn out vraiment déclenché depuis un an presque et demi, séparée depuis bientôt un an. Et… j’y arrive pas, j’y arrive pas dans la maternité, dans le quotidien avec eux. Enfin je m’en sors, mais je prends tellement cher à chaque fois. Je les aime pourtant, profondément, je donnerais ma vie pour eux sans hésiter. J’aime les voir sourire, rire, s’amuser seuls, ensemble ou avec moi, lire des histoires, sentir leurs petits bras autour de mon cou, j’aime jouer avec eux, j’aime les cueillir au réveil quand ils me laissent ce luxe. On est en garde alternée avec le papa, mais je sens que c’est… trop pour moi, en tous cas pour l’instant. Et pourtant je suis terrifiée à l’idée de proposer à mon ex de lui laisser la garde majoritaire avec les enfants (c’est un super papa), d’une part à cause de la peur de créer des blessures d’abandon chez mes enfants, de perdre le lien si précieux que j’ai avec eux et d’autre part j’ai peur de ne pas être assez forte pour subir tous les regards et jugements extérieurs de la « mauvaise mère » ou « mère irresponsable ou égoïste » que je paraîtrais être alors. Je culpabilise énormément de penser à cette solution, parce que je me dis que ça n’est pas juste pour les enfants qui n’ont rien demandé dans tous ça et qui se retrouvent à subir mes problèmes d’adulte, pourtant quand je me regarde de manière raisonnée et lucide, je sais que c’est ce dont j’aurais besoin, au moins temporairement, le temps que je retrouve un équilibre dans ma vie, dans mon espace, que je puisse me laisser exister autrement vraiment, et que je récupère complètement du burn out.

Je crois que l’idée fait son chemin depuis cet hiver déjà, mais là je commence à la verbaliser de plus en plus clairement. D’autant que Titouan (mon 4 ans) m’a dit dimanche soir, alors que je me fâchais en perdant une énième fois patience (la journée avait été très compliquée, dernier soir après 8 jours seule avec les deux, sans possibilité de pause / relais) : « mais maman, tu sais moi je t’aime fort. Et toi tu m’aimes fort aussi, même quand tu te fâches ». J’ai craqué, je l’ai serré contre moi et je me suis mise à pleurer devant eux. Je les ai rassurés sur le fait que bien sûr que je les aimais de tout mon coeur, je leur ai expliqué que j’étais fatiguée et que c’est pour ça que je pleurais. Et là mon fils m’a dit : « Maman, moi j’ai peur que tu retournes à l’hôpital et que tu ne reviennes jamais à ta maison » (j’ai été hospitalisée un mois en mai à cause du burn out). Et pfiou, j’ai pris une telle claque, ça m’a fait mal qu’à son si jeune âge, il se projette déjà sur des angoisses comme ça, je veux qu’il reste dans son insouciance d’enfant de 4 ans…

Donc voilà, j’aimerais savoir comment ça s’est passé pour celleux qui ont vécu ça, ce mode de garde en majorité chez papa, pour elleux et pour leurs enfants, dans leurs relations avec eux.

Je poste ça ici, parce que je sais que de votre part, ce sera bienveillant et constructif. Merci d’avance !

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Hey Marie, force à toi pour commencer, merci aussi de partager ça ici, ça ne doit pas être un chemin évident à emprunter, mais c’est un chemin de vérité. Je suis pas psy, rien du tout, mais je crois que c’est important que tu prennes d’abord soin de toi pour pouvoir prendre soin de tes mômes ensuite (la fameuse métaphore de mettre le masque sur soi avant de le mettre sur les autres pendant une dépressurisation).

Je crois que la prochaine étape, après l’avoir écrit ici - et j’imagine rendre cette idée un peu plus tangible, c’est d’en parler à leur père, non ? :slight_smile: (et peut-être à ton ou ta thérapeute si tu es suivie ?)

Je crois aussi (et je spoile ma prochaine chronique dans Darons haha) qu’il faut arrêter de se coller de la culpabilité sur « refiler des angoisses et des traumas à tes mômes ». Nos parents n’avaient pas cette prise de tête là, on s’en est pas si mal sortis, et surtout, les obstacles finissent aussi par nous forger - et si en plus, il y a de l’Amour, parce que tu en as pour tes enfants, il n’y a aucune raison que tes enfants n’arrivent pas à s’adapter.

Enfin. Je crois du moins. Moi, c’est mon expérience apprise au cours de cette dernière année avec mes filles (qui sont plus grandes que les tiens, certes, mais je crois qu’en tant que parent, le ressenti reste valable)

Ça ne répond pas vraiment au sujet, mais je voulais t’écrire ça :slight_smile:

Force à toi :slight_smile:

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Merci Fab de ta réponse ! Merci beaucoup.

Oui c’est dur ce cheminement, dur à regarder, conscientiser, verbaliser et assumer. Bien sûr j’en parlerai avec le père des enfants quand ça sera plus clair pour moi, vers où je vais. Et la prochaine étape c’est avec mon thérapeute, dès que possible.

Personne ne nous prépare à ce que la parentalité soit aussi difficile. Et si je devais parler au moi du passé, je lui dirai « non surtout ne fais pas d’enfants, c’est pas pour toi ». Pourtant je les aime Annaëlle et Titouan, de toutes mes forces. Mais être maman, bordel c’est dur à dire et à assumer, c’est pas pour moi… là encore je crois que c’est une projection que je me suis faite par rapport à un schéma sociétal qui nous est tanné depuis l’enfance et dans lequel je me suis laissée embarquer pour répondre à ma blessure d’abandon qui était très forte. Sauf que bah, c’est pas une bonne raison pour faire des enfants et mon burn out il a vraiment commencé à partir de la naissance de mon premier, si je suis lucide et honnête avec moi-même (ce que j’essaie de faire au max). Et j’essaie de trouver la solution parfaite pour eux, pour moi, mais elle n’existe pas. Que je garde ce temps en alternance au détriment de « moi », ou que je les « abandonne » à leur père en garde majoritaire, il y aura des conséquences négatives qui feront souffrir les enfants. Et, ce qui complique encore les chose, c’est que je conscientise cette douleur potientielle, très fortement. TMTC, accepter en tant que parent, que ses enfants vont souffrir c’est difficile. Savoir qu’on va être la cause de leur souffrance, ça l’est encore plus, enfin en tous cas dans mon ressenti. Et c’est très dur à supporter. J’ai peur, non, je suis terrifiée à l’idée qu’ils m’en veuillent un jour, qu’ils soient en colère, ou pire qu’ils ne m’aiment plus. Et en même temps je sais au fond de moi que ce n’est pas ce qui me correspond ce mode de garde, ce n’est pas ce à quoi j’aspire. Et j’ai l’impression d’être tellement égoïste et monstrueuse, parce qu’eux ils n’ont rien demandé dans tout ça. Bien sûr je n’ai pas envie de rompre le lien, je veux pouvoir toujours partager ces moments de bonheur, de joie, de complicité, être leur confidente, leur mère à eux, les voir rire et pleurer, les consoler quand ils ont mal, les rassurer quand ils ont peur, leur donner un cadre pour qu’ils grandissent et s’épanouissent. Mais pas comme c’est actuellement. C’est cette hyperconscientisation des choses, ça rend tout tellement plus … fort, amplifié et du coup douloureux à ressentir.

Salut Marie, j’étais absente du Discord et du forum…
Merci pour ton partage et déjà Big UP à toi, pour ton parcours, ton travail, ton cheminement.
J’ai pensé hier : " la maternité, c’est pas pour moi"…
Car fatiguée, épuisée, le mental en vrille…des prises de conscience ( moi, ma lignée, la société…, pas mal de colère )
Comme l’écrivait Fabrice, et selon tes limites, prendre soin de soi est fondamental, et si tu ne « sais » pas faire, demander du soutien pour le très concret et quotidien à…? / Une espèce de coach tout doux, bienveillant et vigilant ? ( Existe t’il/ elle)
Je remarque que c’est une chose ( je parle pour moi) de lire, d’écouter des podcasts… et d’intégrer et d’évoluer dans son fonctionnement au quotidien, avec des enfants ( très jeunes a fortiori !!!), un conjoint et un contexte " réel"… Et on part pas tous avec les mêmes cartes, c’est sûr !
Même si c’est peut être compliqué, échanger au max avec le papa de tes enfants, peut être pouvoir clarifier, vider ton sac avec quelqu’un de disponible et bienveillant avant de lui parler si besoin ?
Je n’ai pas d’expérience où la garde principale est chez le papa, sauf que j’ai cru remarquer qu’il y a souvent des changements à l’adolescence…
Je trouve parfois la société, les enfants, moi-même !!! très dure avec les mamans, on leur/ nous fait porter beaucoup, nous acceptons aussi ce poids, + ou moins inconsciemment…
Câlin à distance :purple_heart:

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Merci Mel :smiling_face_with_three_hearts:
Je crois qu’on est de plus en plus à se faire entendre sur cette injonction à la maternité qui n’est pas innée et qui peut ne pas s’installer malgré la présence des enfants. Surtout avec les prises de consciences de plus en plus grandes sur la société autour de nous, propres à notre génération, je crois. Comme disait Fab, nos parents, nos grands-parents, ils se prenaient pas la tête avec tous ces questionnements.
Pour le soutien très concret / quotidien, je prends l’aide des amis qui ont des conseils constructifs à m’apporter. Mon psychologue. Et voilà en gros. Ce qui est déjà pas mal ceci dit.
Et clairement il y a un gouffre entre ce que tu lis / visionnes / écoutes et ce que tu peux faire au quotidien. Et je crois que cette multitude d’informations autour de la bienveillance, éducation positive, tous ces principes auxquels on réfléchit davantage, ça a l’effet pervers d’induire un énorme sentiment de culpabilité quand on s’en éloigne, pour son propre bien-être ou même sa survie. C’est, j’ai l’impression, très très difficile de trouver un équilibre entre tout ça.
Et on est souvent les premiers à être les plus durs / jugeants avec nous-mêmes… avant même les regards extérieurs :slight_smile: .
Merci encore en tous cas :heartbeat:

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(Ça y est! J’ai enfin créé mon compte sur le forum!:grin:)
Marie, déjà merci de partager ça, et force à toi au quotidien, tous les jours, chaque seconde! 🙆:orange_heart::yellow_heart::green_heart::blue_heart:
Je ne suis pas parent mais tous les doutes que tu as, je peux tellement les ressentir car justement c’est ce qui me fait peur dans la parentalité…
Je ne peux qu’essayer d’apaiser tes doutes en te disant que le mieux pour tes enfants c’est que toi tu ailles bien. Et si pour aller bien, c’est avoir du temps rien qu’à toi, c’est sûrement la bonne solution. Est-ce que te dire que tu fais ça pour leur bien et pour partager plus de moments joyeux avec eux, peut t’aider à ne pas culpabiliser justement ?! Je trouve que les mots de ton Titouan sont rassurants dans le fait qu’il sait que tu les aimes fort et ce, même si tu les as pas au quotidien avec toi… (ils sont vraiment pas cons ces gamins, hein…) Et puis tu les « abandonne » pas… tu les verras les mercredis et/ou les WE !
La future souffrance hypothétique que tu t’imagines est justement hypothétique. Et j’ai l’impression que l’hyperconscientisation que tu as de tout ça et la maturité de tes mômes (du moins celle de Titouan) feront que tu seras attentive à ça et vous communiquerez autour de ça et que vous vous adapterez et construirez tout ça ensemble.
(Je dis ça car moi aussi j’anticipe trop des situations éventuelles qui découleraient de situations qui ne sont pas encore arrivées… work in progress)
A toi de trouver ton rythme en discutant avec le papa et ton thérapeute et dis toi que rien n’est definitif… que ça peut aller dans un sens comme dans l’autre, peu importe ce que ça veut dire. Ca ira dans le sens qui est le mieux pour toi et donc pour tes enfants. La situation ne sera jamais idéale mais ça sera la meilleure à ce moment là avec les données que tu as à cet instant t et elle évoluera !
En tout cas, force à toi! Et le forum ou mes DMs sont toujours ouverts! :blush::blush:

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Hey !

Je viens un peu vous donner des nouvelles.
J’ai eu une longue discussion (et beaucoup beaucoup de larmes) avec mon psychiatre et l’infirmière qui m’a accompagnée pendant mon hospitalisation due au burn out, il y a 10 jours. J’ai compris plusieurs choses.

La première c’est qu’il faut que J’ARRÊTE de courir après l’image de la perfection que je cherche inconsciemment à atteindre. Je veux être une maman parfaite, une amie parfaite, une petite amie parfaite, une prof parfaite… Mais ça n’existe pas et ça n’est pas possible. Je sais pertinemment que c’est dû à la blessure d’abandon parentale et que je cherche cette reconnaissance que je n’ai pas eu avec eux dans mon cercle élargi (alors ok c’est inconscient comme démarche). Donc je me mets une pression de dingue qui ne sert à rien et qui surtout me met en constante situation d’échec, résultat, cercle néfaste qui s’engrange et ça aboutit à une perte totale de confiance en moi.

La deuxième chose que j’ai comprise c’est qu’il fallait que je fasse le deuil de la maman fantasmée, celle que je projette depuis l’âge de 15 ans, et celle que je suis réellement (et là-dessus j’ai bien avancé puisque je continue la garde alternée et que ça se passe relativement mieux). Que j’arrête de culpabiliser parce que je m’éloigne parfois un peu de l’éducation bienveillante et positive, ou que je déroge à certains principes que je m’étais fixés (genre des légumes / fruits à tous les repas, avec ma fille qui je pense a une hypersensibilité à certaines textures c’est compliqué en fait, ou alors un peu d’écran pour prendre une pause, préparer à manger, prendre une douche, étendre une lessive, quand t’es parent solo en fait, j’ai pas trouvé d’autre solution pour l’instant avec les 2 ^^). Être dans le lâcher prise, pour arrêter d’avoir cette sensation d’étouffer et me laisser un peu de place, ne pas être que le moi « maman » quand ils sont avec moi. C’est un équilibre à trouver je crois.

C’est aussi accepter l’idée que malgré tout ce que je m’étais imaginé, oui j’aime mes enfants et non je ne m’épanouis pas totalement dans la maternité. J’adore les emmener en sortie, leur lire des histoires, leur faire des câlins, cuisiner avec eux, me balader, mater un DA avec eux, chanter ou jouer de la musique avec eux. Par contre, pour l’instant les jeux de société pour petits, les activités manuelles tout ça tout ça, beurk. Mais c’est ok. Et je sais que quand ils seront plus grand, je prendrai du plaisir à leur faire découvrir plein de trucs et qu’on se retrouvera sur tout ça à ce moment.

Enfin, et non pas des moindres, je suis moi-même en recherche de sens depuis un an, et là en plus de mon HPI, je passe des tests pour un probable TDAH (en tous cas ça en prend le chemin). Donc déjà il faut que je trouve un équilibre dans mon quotidien de moi avec moi, avec tout ce que ces fonctionnements impliquent notamment en terme de gestion des émotions, avant de réussir à en trouver un avec les enfants en sachant que vu comment ils sont, ils réagissent, je suspecte qu’ils prennent le même chemin que moi sur ça. Donc ça fait beaucoup à gérer et finalement c’est normal que ce soit compliqué.

Voilà, le point sur mes réflexions. Le plus important c’est qu’après les 10 jours de down qui ont suivi la semaine compliquée sur les vacances, j’ai réussi à retrouver de la niaque, j’ai repris le taf après 11 mois d’arrêt maladie, le rythme de garde alternée normal et pour l’instant, assez étonnament pour moi, ben … à part la fatigue (qui est normale vu le rythme ahah), ça va, je gère plutôt bien ! Ce qui me rassure, me fait du bien aussi et m’aide à me projeter autrement dans les mois à venir !

En tous cas merci pour tout votre soutien et vos réactions, elles ont été source de réflexion et d’appui pour rebondir <3 !

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Bravo Marie pour tes avancées, que ce soit professionnellement, au quotidien avec tes enfants, ou de toi à toi! C’est capital de ( se) célébrer aussi :orange_heart::sparkles:

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