Quand votre fille/fils vous en veut à mort

Salut les papas,

Je me pose une question et j’entends pas de pères sur le sujet.
Comment réagissez-vous quand votre fille ou fils vous en veut à mort et ne veut plus vous voir ou vous parler? Quand ça part forcément en dispute quand vous vous voyez?
Vous savez pourquoi ? Vous entendez les reproches et les trouvez injustes? C’est votre gamin.e qui a grandi, vous avez fait le job et vous n’êtes pas obligé de vous coltiner ce nouvel adulte?

Quand on a une histoire compliquée avec son enfant, ado, adulte d’enfant, on le vit comment?

Merci pour vos partages.

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Je connais pas ça encore il a 8a’s et demi et je suis encore son héros…j’en profite :rofl:

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Salutsalut,
A mon échelle, dans la neuvième année de mon fils, il avait tendance à facilement se fermer lors d’une discussion et partait s’enfermer dans sa chambre au point d’en faire une routine. Au départ je le suivais afin qu’il n’échappe pas aux « vérités » ou « justifications » que j’avais à lui dire. Finalement j’ai senti que ce rapport devenait complètement foireux et en cherchant à comprendre j’ai réalisé que quand ça dérapait, c’est que je réagissais à mes problèmes et pas aux siens. Il y a eu une fois où il a eu des mots du genre « De toute façon personne ne m’aime, personne ne m’écoute ». J’ai pas compris tout de suite que c’était ça la racine du problème et qu’il avait raison. En entendant cette phrase, j’ai voulu à chaud le rassurer par un truc du genre « Mais si y’a plein de gens qui t’aiment, nous on s’occupe de toi, t’as des copains à l’école, etc etc ». Et j’ai compris par la suite qu’en faisant cette réponse, c’était une façon de me rassurer moi (parce que j’avais l’impression que ça pouvait être un reproche et que je trouvais ça injuste :slight_smile: )et que c’était refuser ce qu’il ressentait à savoir « je ne me sens pas aimé, je ne me sens pas écouté ». J’ai réalisé que j’avais souvent tendance à vouloir apporter une solution à un problème exprimé par mes enfants (ou adultes), alors qu’en fait, en faisant ça, je me rassure moi et pas eux, et en plus je les empêche de faire face à leur problème et trouver leur solution. Je les prive de leur pouvoir à créer et choisir leur voie. Donc en pigeant plus ou moins ça qq jours après, j’ai pris un temps pour en parler avec lui. Je lui ai dit que j’avais compris ce qu’il voulait me dire, que ça m’avait fait peur qu’il ressente ça et que du coup j’avais juste voulu me rassurer en essayant de lui répondre quelque chose. Je me suis excusé et je lui ai dit que s’il avait envie d’en reparler à un moment j’essaierai d’être plus attentif à lui et de mieux l’écouter.
Il m’en a reparlé le soir même, après les devoirs, et je l’ai juste écouté, j’ai juste accepté les sentiments qu’il exprimait. J’ai eu l’impression que ça lui a fait du bien. Et franchement ça m’a scié de me rendre compte que j’avais « juste » à l’écouter et comme c’est hyper difficile de m’empêcher de faire une réponse « rassurante » ou de trouver une solution qui ne sert finalement qu’à me rassurer moi.
Bref, en y réfléchissant, je me suis rendu compte à quel point je l’écoutais peu, et à quel point sa vie était parsemée d’injonctions dans tous les sens, notamment des miennes. J’ai réalisé que ça avait commencé à se tendre durant le premier confinement, à faire l’école à la maison. J’ai réalisé que je trouvais qu’il était pas assez percutant sur ses devoirs, qu’il n’écoutait pas assez, qu’il était pas suffisament concentré, pas assez comme ci, pas suffisament comme ça…et j’ai surtout réalisé que ça me mettait moi en souffrance d’imaginer qu’il n’était pas un « bon » élève selon mes critères pourris. Et ma vie scolaire m’est revenue en pleine gueule. J’ai compris que je lui faisais vivre exactement ce que j’ai détesté à l’école : me sentir seul face aux multiples attentes et injonctions implicite de l’école, des profs, de mes parents etc… Le gamin que j’étais avait juste besoin d’attention et de soutien.
Et par extension j’ai compris que mon fils avait besoin de se sentir soutenu, aimé pour ce qu’il est, pas pour une image idéale daubée sortie de la tête de son père. J’ai compris que dans son quotidien il essayait juste de se conformer à toutes les injonctions contradictoires de tous et qu’il était en train de saturer complètement.

Donc pour essayer d’avancer sur ta question (parce que je sais bien que ma réponse est comme qui dirait un peu longuette), en comprenant ça j’ai décidé de faire des efforts pour être vraiment avec lui et pas simplement à côté de lui. Je l’écoute en essayant de dire le moins de choses possibles, je lui demande ce que lui en pense, qu’est ce qu’il imagine pouvoir faire, et si j’ai une expérience à partager alors je lui en fait part. Je le regarde vraiment, je le regarde vivre, s’énerver, s’émouvoir, se marrer avec son rire de crécelle qui avant pouvait m’agacer et me fait surtout maintenant rigoler, j’apprends à gommer ce que je considère comme des « défauts » pour mieux l’aimer tel qu’il est . Du coup j’apprends à lacher cette putain de représentation du fils idéal dans laquelle je le contraignais à rentrer. Et je trouve ça vachement plus reposant au final, car il peut se construire enfin par lui même sans que je lui oppose mes peurs, et du coup ça me permet en même temps d’identifier ce qui me fait flipper moi et d’aller de l’avant.
Ca veut pas dire qu’on se prend pas le bec parfois, que je laisse « tout passer » ou ce genre de phrase qui laisse entendre que je serais « laxiste » dans l’éducation que j’essaie de lui donner, ça veut juste dire que quand je suis avec lui, j’évite de lui faire porter mes peurs et mes problèmes.

Et maintenant avec ce contexte, pour répondre plus précisément à tes questions :
Comment réagissez-vous quand votre fille ou fils vous en veut à mort et ne veut plus vous voir ou vous parler ?

  • Je le laisse exprimer sa colère et je l’écoute. Je lui fait savoir que je suis disponible pour en reparler s’il le souhaite et je le laisse prendre l’initiative. Si j’ai mal encaissé le truc, j’essaie de comprendre pourquoi, et si vraiment je trouve ça injuste, alors une fois le calme revenu je prends un temps pour lui exprimer ce que je ressens de la situation sans pour autant le mettre en cause lui.

Quand ça part forcément en dispute quand vous vous voyez?

  • J’essaie d’identifier le contexte qui provoque ce mécanisme afin de remonter ensuite à la source. J’essaie d’écouter ce qu’il dit ou ne dit pas au lieu d’écouter mes pensées lui prêter des intentions.

Vous savez pourquoi ?

  • Non pas toujours, mais je gratte jusqu’à ce que j’ai le sentiment d’être dans le juste. J’ai l’impression que les noeuds viennent souvent de mes propres peurs qui font un brouhaha qui m’empêche d’être réellement à l’écoute.

Vous entendez les reproches et les trouvez injustes?

  • Oui parfois, mais ça n’enlève pas la légitimité de ce qu’il ressent et son besoin à l’exprimer. Et souvent ça indique que je suis à côté de la plaque. Il n’est pas moi, je ne suis pas lui. Il a son propre monde tout comme j’ai le mien.

C’est votre gamin.e qui a grandi, vous avez fait le job et vous n’êtes pas obligé de vous coltiner ce nouvel adulte?

  • J’estime qu’il ne m’appartient pas, il n’a pas demandé à venir au monde. Je ne crois pas qu’il doive se farcir ce que projette la société sur lui, que ce soit par le biais de ses parents, copains, profs, etc. J’estime lui devoir de l’aider à trouver les clés pour s’accomplir par lui même, et ce sont mes critères, ils n’ont rien d’universel.

Quand on a une histoire compliquée avec son enfant, ado, adulte d’enfant, on le vit comment?

  • De ce que j’ai vécu pour le stade enfance, il y a bien des choses que j’ai mal vécu, mais avec le temps je range vite la culpabilité et j’avance. Je suis la balle de jokari qui se veut devenir une superballe rebondissante. Et je sais que même si j’arrive à couper le fil ou à l’allonger, je garderai probablement toujours la même couleur.

Aussi, j’ai relu récemment 2 bouquins d’Elisabeth Filliozat(pas sûr du prénom), un sur la relation avec l’enfant et l’autre sur l’intelligence du coeur. Je trouve que ce sont des bonnes bases pour apprendre et avancer, même si j’avais pas tout pigé en essayant de les lire il y a 10 ans. J’avais ptet une partie du savoir à l’époque mais en tout cas pas la compréhension.

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Je stoppe le mental et je bascule en mode câlin, si je suis moi même pas trop en colère…
Sinon,je m’occupe d’abord de moi: écriture- autoempathie/ cnv, prendre l’air… et je reviens après !
J’ai une fille de 14 et une autre de 10…team hypersensible et effet- miroir garanti!
Big UP aux parents, beaux parents etc… :heart_eyes: