Qui porte la culotte et qui porte la charge mentale ? Comment vous répartissez-vous tout ça?

Hello,

Quelle est votre situation familiale (couple, couple+enfants, couple+parents, etc…) dans le foyer et comment vous vous répartissez les tâches ?

Enfin, quelles solutions avez vous essayé d’appliquer (avec ou sans succès) pour essayer d’égaliser la (fameuse) charge mentale. Cela s’est il fait dans la douleur et au final, y a t il eu un mieux dans l’ambiance du foyer ?

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Salut à tous,
c’est vraiment un génial sujet. Avec mon ex, ce fut un sujet… compliqué, d’autant plus compliqué que je passais 4-5 jours par semaine loin du foyer familial.

Pour resituer : Cath (mon ex, donc) est du genre bulldozer. Elle prend tout en charge, aussi bien par nécessité (j’ai pas foutu grand’chose dans le foyer et comme elle repassait derrière chaque truc que je faisais, j’ai préféré abandonner plutôt que de l’affronter) que par l’idée d’une sorte de « mission » qui lui incombe, qui la dépasse (gros besoin de se « sentir utile ») et qui lui donne également un « rôle » (« à quoi je sers si je fais pas tout ça ? » m’a-t-elle dit un jour haha).

Pour resituer aussi : j’ai pris très naturellement ma partie à l’époque où les filles étaient petites (je me suis d’ailleurs « battu » avec elle sur le sujet pour qu’elle me laisse m’impliquer, comme quoi j’étais capable de le faire :expressionless:), mais depuis le déménagement des bureaux de mad à Paris, j’ai délaissé pas mal de choses. Ça a coïncidé avec le moment où on a pris une au-pair à la maison pour gérer une partie du quotidien avec les filles, ce qui m’a aussi aidé à aller bosser à Paris l’esprit un peu plus tranquille vis-à-vis de Cath.

Le jour où j’ai découvert le concept de charge mentale chez mad, j’ai totalement vrillé, je me suis rendu compte que j’en branlais pas des masses. Le grand classique : elle gérait tout le quotidien, tous les rdv médicaux, l’école etc. Encore une fois, situation « facilitée » par les 200 bornes qui nous séparaient au quotidien.

Mais malgré tout, il y avait bien des trucs que je pouvais gérer, même à distance ? On a beaucoup discuté, ça l’a beaucoup saoulée que je vienne bousculer son organisation huilée de ouf (et je la comprends), d’autant plus qu’objectivement, je venais mettre mon grain de sel là-dedans uniquement parce que j’avais vu des trucs sur internet et que je voulais aussi changer moi-même, tout en me donnant une forme de bonne conscience.

(je crois que je fais partie de cette génération de mecs de quadra, élevée par une mère au foyer, mon père ne foutait rien à la maison, mais malgré tout, sensibilisé au féminisme assez tôt dans ma vie pour ne pas y être réticent au premier abord, mais trop tard pour l’avoir intégrée à mon éducation et que ça soit naturel chez moi) (ma mère m’a élevé comme un « petit prince », j’avais lu ce truc une fois sur internet, ça m’avait fait vriller : je n’ai clairement JAMAIS rien foutu chez moi, même jamais rangé un tshirt)

BREF. On avait trouvé un compromis, qui me permettait de pouvoir la soulager (on avait quelqu’un qui venait faire le ménage 1 fois par semaine) tout en soulageant ma conscience : j’allais m’occuper de la lessive, le weekend quand je rentre. Je pouvais faire ça une fois par semaine, je n’avais pas besoin d’être présent la semaine, ça marchait bien.

Et bien sûr, j’ai décidé de reprendre la main sur mes rdv médicaux lillois parce que GUESS WHAT, je la laissais gérer mes (quelques) rdv médicaux que je pouvais avoir à Lille (ceci dit, je prenais la plupart de mes rdv médicaux à Paris et ceux-là, bien sûr, je les gérais haha) (comme quoi j’étais capable :unamused:)

Globalement, elle a commencé à me partager, même à distance, des trucs du quotidien, en me demandant si je pouvais m’en occuper, et ça a plutôt bien marché :slight_smile:

Je ne rentre pas dans les détails de notre vie privée, mais l’histoire voudra que la fameuse lessive soit le déclencheur de notre séparation haha (bien sûr, on ne s’est pas séparés A CAUSE de la charge mentale, je parle du déclencheur)

Ceci dit, depuis qu’on est séparés, j’ai bien sûr repris la main sur ma vie et BIEN SÛR, je suis capable de me gérer sans souci. Bien sûr. Je suis même capable d’organiser des vacances avec mes filles, là où habituellement, elle s’occupait de TOUT (c’était d’autant plus simple aussi pour elle qu’elle décidait du timing - là elle organise des vacances avec les filles pour Pâques, ça me fascine d’autant plus que c’est LE COVID frère, comment tu fais pour te projeter aussi loin dans le futur haha).

J’ai transpiré un peu de la moustache quand il a fallu reprendre toutes mes paperasses genre sécu/impôts (parce que oui, elle gérait TOUT, les gars) (quel boulet j’ai été ptn) (et puis elle a été SUPER, elle m’a rassemblé toutes les paperasses pendant son déménagement) (mariez et faites des enfants avec une personne SUPER, c’est un bon conseil), mais après avoir ramé un peu, je m’en sors très bien.

Avec le recul, c’était très agréable comme situation, de se laisser porter comme ça, certes, mais tellement « démobilisant », aussi bien pour elle que pour moi. Je me sentais incapable de gérer cet aspect de ma vie, alors que clairement, j’étais en train de faire tourner une boîte de 30 personnes à côté. Comme quoi, j’étais tout à fait capable… mais comme elle gérait tout (que je l’avais laissée tout prendre en charge), je me disais que j’en étais fondamentalement incapable.

J’aimerais bien faire un podcast avec elle un jour sur le sujet, parce que ça a été une immense prise de tête - elle considérait, à juste titre, que je disais aux filles « uééé le féminisme etc etc » et que dans les faits, bah je foutais pas grand’chose à la maison.

D’un autre côté, je crois qu’elle aimait aussi avoir une sorte de « zone d’incertitude » (les travaux de Crozier en sociologie du travail sont passionnants sur le sujet et m’avaient beaucoup éclairé sur la façon dont l’information circule dans les entreprises) qui lui donnait la possibilité comme je le disais plus haut d’avoir « un rôle » au sein du foyer, et ça a été compliqué pour elle de « lâcher du lest » sur le sujet et de bien vouloir m’impliquer.

Gros gros sujet en somme. Je comprends un peu mon père qui m’avait glissé un jour « c’était plus simple avant, les femmes s’occupaient du foyer, les hommes s’occupaient de faire rentrer l’argent, au moins les rôles étaient bien définis, maintenant faut discuter sur tout ». Tu m’étonnes que ça a pas changé pendant des millénaires :sweat_smile:

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Je suis en couple depuis 11 ans. Nous avons 2 magnifiques enfants de 2 et 5 ans. Nous nous sommes mis ensemble à 20 et 18 ans. Ma conjointe est/fut/sera ou pas CPE l’année prochaine, mais elle l’était les autres années sauf l’année dernière où elle a commencé un super projet pro solo.

Point disclaimer ici comme d’habitude : ce que je vais souligner ici, c’est mon point de vue. Je ne suis pas objectif et j’ai surement beaucoup de défauts, mais c’est le mien.

Je suis à mon compte et donc, je fais mes horaires. Lorsque nous avons eu notre fille, Géraldine (je change le prénom parce que je n’aime pas dire « ma femme » parce qu’elle ne m’appartient pas) à repris le travail. Elle commençait à 8h et finissait souvent à 18h00. De mon côté, j’ai organisé mes horaires pour emmener ma fille chez la nourrice et retourner la chercher. Elle était partie lorsque notre fille se réveillait et elle revenait lorsque je l’avais déjà mis en bain. De mon côté, ce fut le sprint marathon.

Lorsque nous avons eu notre deuxième enfant, ça s’est reproduit. Cette année, elle a changé de travail. Ça m’a permis de souffler. Même si c’était plutôt énergivore et plutôt difficile, ça m’a permis de nouer une grosse relation avec ma plus grande fille, car nous avions une certaine routine : par exemple, j’allais la chercher à 16h15 tous les jours et nous nous promenions ou allions au parc.
À côté de ça, Géraldine ne travaillait pas le mercredi ni pendant les vacances scolaires. Ce qui est aussi une grosse charge mentale, car il faut s’occuper des enfants à ce moment-là. Généralement seul et cela même si je fais mes horaires, je dois aller au travail. Je fais généralement 9h-16h.
D’un point de vue plus pragmatique et pour ne pas raconter « trop » ma vie, j’ai une maladie auto-immune « dégénérative » (ou du moins on ne sait pas comment ça peut évoluer) et comme je ne l’accepte pas, j’ai développé une certaine hyper activité, car dans ma tête, tant que je ne m’arrête pas, elle ne m’arrête pas. Je suis donc plutôt hyperactif à la maison. Mon objectif est plutôt d’apprendre à lâcher prise. Si je n’ai pas de projet ou quelques choses à faire, je tourne en rond. Je gère mes rendez-vous médicaux seul. Je ne comprends pas que certaines personnes (je ne parle pas d’identité sexuelle, n’en sont pas capable).

Nous avons des taches plutôt bien définies. Par exemple, Géraldine s’occupe exclusivement du linge, car lorsque je m’en occupe, je le fais à ma façon. Ce n’est, ni la bonne ni la mauvaise, c’est ma façon. Je mets l’ensemble à 30° et je trouve que ça marche bien. Elle préfère s’en occuper, car elle n’est pas satisfaite de ma méthode.

De mon côté, je m’occupe plutôt de la nourriture. J’aime bien manger et je préfère quand c’est moi qui prépare (pour les mêmes raisons que le linge).

Depuis peu, quelqu’un vient faire le ménage chez nous pour nous permettre de souffler et faire un peu de crédit d’impôt. Généralement, je m’occupe de repas, de mettre la table, préparer à manger, débarrasser, passer le balais tous les soirs. D’ailleurs, choisir ce qu’on mange tous les soirs, c’est une sacrée charge mentale.

Il y a des choses que je ne veux pas faire et que je ne fais pas, car je ne vois pas l’intérêt. Là encore, c’est personnel. Par exemple, je ne fais pas les vitres. Si Géraldine souhaite avoir des vitres propres, elle le fait. Je préfère prendre ce temps pour ranger et faire la poussière.

J’ai la charge exclusive des travaux, car Géraldine n’aime pas le faire. Nous en sommes à notre 3e rénovation. Ça prend beaucoup de temps. Pour moi, c’est de la grosse charge mentale. Il y a un planning à respecter, il faut acheter les fournitures, gérer les travaux en dehors des temps communs pour ne gêner personne.

Je m’occupe également du jardin et de la voiture. Nous avons eu des problèmes de voiture et la correspondance entre le garage et nous, emmener la voiture en réparation, la vente des voitures, emmener au contrôle technique quand tu en as plusieurs (ce qui n’est plus notre cas : Team vélo cargo). Ça demande du temps et de la charge mentale.

Ma plus grosse charge mentale est la gestion budgétaire du foyer. J’ai le salaire le plus important et j’ai pris ce rôle. Peut-être, car je suis le plus habile à gérer cet aspect. Après 11 ans de vie commune, nous avons trouvé, je pense, un bon compromis entre nos aptitudes et nos envies. Mon côté hyperactif aide bien pour faire les choses. Je gère les déclarations d’impôt, les appels aux artisans. De son côté, Géraldine gère les papiers. Elle est plutôt hyper organisée dans les papiers. Ce qui n’est pas mon cas.
Pour ce qui est des enfants, je pense que nous sommes à 50%. J’emmène mes enfants chez le médecin et Géraldine aussi. Nous discutons toujours et généralement nous nous envoyons une centaine de messages sur Facebook par jours. Même si des fois, j’ai l’impression que Géraldine me demande beaucoup de choses (appeler ci, voir pour ça), je pense qu’elle doit se dire la même chose.
Pour ce qui est de la charge mentale, quand je ne vois pas de différence pour moi, je la laisse choisir. Ex : pour choisir une couleur dans la maison. Moi, ça m’est égal, du coup elle choisit ce qu’elle veut.
Je rejoins le podcast qui parle des hommes « qui ne veulent pas se prendre la tête » sur certains points.

Lorsque je rentre à la maison et que c’est le bazar, ça m’énerve, mais généralement je me dis qu’avec les enfants, c’est difficile de faire autrement.

Nous sommes plutôt des bons organisateurs et adorons les tableaux Excel via drive. Donc l’organisation des choses, c’est plutôt du 50/50. Nous discutons toujours.

Je nous vois comme une équipe où nous sommes conscients des forces et des faiblesses de chacun.
Nous échangeons beaucoup là-dessus. Mais, nous échangeons sur les points pratiques. Nous ne faisons jamais de bilan annuel comme dans les entreprises. Peut-être cela serait-il nécessaire, même si je n’en ai jamais senti le besoin.

Dans un podcast, ils ont également parlé de charge mentale sexuelle. Je n’en parlerais pas ici.
Dans mes questionnements :
• La dualité entre « reproche et vouloir changer l’autre » et « accepter et faire des efforts ».
• Savoir quand une action n’a pas d’impact et un choix pas d’importance.
• Arrêter d’avoir un avis sur tout.
• Est-ce que je serais capable de gérer si elle n’était plus là. Est-ce qu’elle serait capable de gérer si je n’étais plus là.
• Desfois, c’est plus facile de reprocher à l’autre que de chercher une solution.

En me relisant, ça semble parfait. Je trouve qu’on a plutôt un très bon équilibre même s’il y a toujours des choses à améliorer. Par exemple, nous sommes plutôt « rouleau compresseur ». Je souhaiterais des fois qu’on arrive à se poser et à profiter sans avoir à monter des gros projets. Mais, quand j’aurais 40 ans, je finirais par accepter que nous soyons comme ça.

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Je suis en couple depuis 4 ans avec mon compagnon et ce sujet me questionne beaucoup ! Pour moi, c’est lui qui porte la charge mentale de notre couple: il s’occupe des repas, des papiers, de la gestion des vacances, du linge, de me soutenir à chaque doutes, etc. Pendant un temps cette organisation me convenait très bien puisque je faisais quelques tâches (aspirateur,étendre le linge, la vaisselle) mais plus je lisais d’articles sur la charge mentale des femmes et plus je me disais que mon couple était à l’inverse de tout ça. Nous avons souvent des échanges à ce sujet car je me sens « coupable » de ne pas en faire plus et de tout lui laisser. De son côté il n’y voit aucun problème, il aime cuisiner et comme il est en télétravail considère qu’il a plus de temps. Il a grandit dans une famille avec des valeurs féministes et pour lui il n’y a aucun problème dans notre répartition : chacun faisant ce que l’autre n’aime pas faire.
Depuis quelques jours je lui ai proposé qu’une fois par semaine je trouve une idée de repas et que je cuisine, que j’organiserai nos prochaines vacances et que le soir nous stoppons quelques heures le téléphone/tv pour prendre un temps pour discuter et avoir un vrai de temps de qualité. C’est peut être peu mais j’ai envie de m’investir plus, déjà pour le soulager (même s’il ne s’en plaint pas) et également pour montrer que je ne suis pas juste « là » mais que je participe à notre vie de couple sans juste me laisser porter. A suivre !

En fait je ne connaissais pas la charge mentale jusqu’à ma deuxième grossesse vue que c’est mon mari qui est devenu père au foyer pendant les dix-huit premiers mois de notre fille et pour dire il faisait tout, et a ma deuxième grossesse il est reparti travailler, enceinte de jumeaux je ne pouvais plus bouger et j’ai du gérer ma fille comme ça en me disant bien ” je suis horrible de penser que si je pouvais faire un choix entre les jumeaux je me sentirais mieux”. Au moment où je suis rentrée avec mes jumeaux, j’ai tout pris dans la gueule moi qui me disait sans horaires et sans obligation et suis devenu général en chef de ma maison.
Mon mari partant a 6h00 du matin et revenant à 19h00 ne pouvait m’aider.
Ça fait quelques mois qu’il est au chômage et je lui ai proposé une envie folle de construire une entreprise de produits sucrées et il est devenu mon meilleur allier car il m’aide pour l’ouverture et va prendre la suite et devenir père au foyer, je lui ai appris comment s’organiser avec les trois enfants mais il savait déjà faire toutes les tâches ménagères